02 octobre 2008
Bateaux taxis à Istanbul
Des bateaux taxis au secours des hommes d'affaires pressés à Istanbul
Par Nicolas CHEVIRON
ISTANBUL, 26 sept 2008 (AFP) - Nouveaux venus sur le marché des transports dans l'encombrée métropole turque d'Istanbul, les bateaux taxis se taillent un franc succès auprès des classes aisées depuis leur lancement fin juillet sur les rives du Bosphore.
Du minibus au téléphérique en passant par les ferries ou les funiculaires, les 13 millions de Stambouliotes pensaient avoir tout essayé pour échapper un tant soit peu aux dantesques embouteillages de leur ville, qui ne dispose que de deux ponts pour franchir le détroit du Bosphore la coupant en deux.
C'était compter sans l'ingéniosité d'une entreprise turque, Teknomar, dont la dernière création est entrée en service le 26 juillet pour le compte de la régie municipale des transports maritimes d'Istanbul (IDO).
Le nouveau né, un catamaran de 11 mètres de long sur 4,3 de large produit dans un chantier naval stambouliote, peut accueillir jusqu'à dix passagers et fonctionne comme un taxi ordinaire, avec facturation au mille nautique parcouru et centrale d'appel pour commander un véhicule sur le quai de son choix.
Ici, les bateaux qui jusque là effectuaient seuls la liaison maritime entre les pdifférents ports de part et d'autre du bosphore.
"C'est une opération unique au monde", assure Alphan Manas, président du Conseil d'administration de Brightwell, la maison mère de Teknomar. "A ma connaissance, nulle part ailleurs on ne facture au mille, il y a toujours des horaires".
L'opération a débuté avec quatre bateaux taxis. Mais pour faire face à la demande -6.250 demandes de taxi en 50 jours, dont 1750 seulement ont pu être satisfaites faute de navires- leur nombre est passé à six, et devrait atteindre la douzaine d'ici la fin de l'année puis 25 fin 2009, selon IDO.
"Il y a une grosse demande provenant d'hommes et de femmes d'affaires qui veulent voyager sans avoir à respecter des horaires fixés d'avance, pour aller à l'aéroport par exemple", explique Kerem Arsan, expert en marketing chez IDO.
"C'est un peu un transport de riches. Ce n'est pas bon marché mais nous fournissons un transport très rapide et à la carte", ajoute-t-il.
Avec une ouverture du compteur à 15 livres turques (8,3 euros, 12 dollars), et 10 livres de plus par mille nautique parcouru, le bateau taxi n'est pas en effet à la portée de la première bourse venue, même si le prix de la course peut se partager entre les passagers lors d'un voyage en groupe.
Teknomar, qui rêve d'une flotille de 75 à 100 bateaux taxis, étudie par ailleurs de nouvelles pistes.
"Nous sommes en pourparlers avec les entreprises qui font du transport scolaire d'une rive à l'autre du Bosphore", indique M. Manas. "Nous avons aussi des discussions avec les grandes marques qui offrent un service de transports à leurs clients".
Le tarif n'a pas effrayé Ahmet Filiz et sa soeur Hafize, rencontrés fin septembre à bord d'un bateau taxi entre le quai d'Ortaköy, sur la rive européenne du Bosphore, et celui de Kuzguncuk, rive orientale.
"Des amis nous attendent à Kuzguncuk et comme nous étions en retard pour notre rendez-vous, nous avons appelé un bateau taxi. Le trajet va nous prendre 10 ou 15 minutes alors que par la route ça aurait duré plus d'une heure", raconte Ahmet, 27 ans, employé de direction.
"Je ne l'utiliserai peut-être pas tous les jours, mais en cas de besoin, c'est sûr que je ne regarderai pas à la dépense", poursuit le jeune homme, qui a déboursé 45 livres turques pour la course.
01 octobre 2008
Ergenekon
Turquie: nouvelles inculpations dans l'affaire Ergenekon Tuncay Özkan, un journaliste farouchement opposé au Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir, ainsi que cinq autres suspects, dont un ancien juge militaire, un ex-chef de police et un ancien maire social-démocrate, ont été écroués dans une prison de la métropole. Ces hommes, placés en garde à vue mardi et interrogés depuis par la police et des procureurs, sont accusés d'appartenance au réseau Ergenekon, souligne l'agence. Quelque 86 prévenus dont des militaires de haut rang, accusés d'avoir créé une organisation terroriste armée -le réseau Ergenekon- pour semer le chaos en Turquie et créer un climat favorable à un coup d'état militaire, doivent être jugés à partir du 20 octobre à Silivri (environ 50 kilomètres au nord-ouest d'Istanbul). L'enquête dans l'affaire "Ergenekon", qui a vu plusieurs personnalités connues des milieux d'opposition arrêtées depuis l'an dernier, a commencé après la découverte de grenades dans une maison d'Istanbul. Les arrestations et accusations de "terrorisme" qui ont suivi ont été interprétées comme un bras de fer entre le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et les milieux kémalistes très soucieux de préserver le caractère laïc du régime. Plusieurs analystes ont accusé l'AKP de chercher à profiter d'"Ergenekon" pour mettre la pression sur ses adversaires défenseurs de la laïcité.
30 septembre 2008
Trêve dans les combats
Le PKK annonce une trêve le temps des fêtes de la fin du ramadan ANKARA, 29 sept 2008 (AFP) - Les rebelles kurdes de Turquie ont annoncé lundi qu'ils renonceraient à leurs opérations armées durant les fêtes célébrant la fin du ramadan, a rapporté l'agence de presse Firat News, porte-voix des rebelles. "Dans le but de montrer nos bonnes intentions, nous respecterons une trêve pour que le sang ne soit pas versé et que le coeur d'aucune mère ne soit brisé durant les fêtes de la fin du ramadan", a affirmé la direction du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), citée par l'agence sur son site internet. Les musulmans turcs et kurdes célèbreront cette année entre mardi et jeudi la fin du mois de jeûne de ramadan. Le PKK a également appelé les forces de sécurité turques à respecter cette trêve. Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union europénne et les Etats-Unis, se bat depuis 1984 pour l'autonomie du sud-est de la Turquie, peuplé en majorité de Kurdes. Selon un récent bilan fourni par l'armée turque, le conflit a fait 32.000 morts dans les rangs du PKK et près de 6.500 dans ceux des forces de sécurité (armée et police). Quelque 5.500 civils ont également perdu la vie dans le conflit. Entre le 1er et le 26 septembre, 45 rebelles, 14 soldats et trois miliciens kurdes supplétifs de l'armée turque sont morts dans des combats, selon l'état-major de l'armée turque.
28 septembre 2008
Escroquerie... troubles politiques futurs?
Détournement de fonds: Le ministre de l'Intérieur turc ordonne une enquête ANKARA, 19 sept 2008 (AFP) - Le ministre turc de l'Intérieur Besir Atalay a annoncé vendredi avoir ordonné une enquête sur l'organisation caritative turque Deniz Feneri, après la condamnation mercredi pour escroquerie de trois Turcs en Allemagne. "J'ai demandé aux inspecteurs de mon ministère d'enquêter sur les accusations portées contre Deniz Feneri", a déclaré vendredi Besir Atalay selon l'Agence Anatolie. Le ministre a indiqué que Deniz Feneri, dont le siège est à Istanbul, avait été inspecté en 2007 dans le cadre de contrôles réguliers qui ont lieu tous les deux ans. Un ancien directeur de la branche allemande de Deniz Feneri et deux autres personnes ont été condamnés à des peines de prison par le tribunal d'instance de Francfort. Le principal prévenu, Mehmet Gürhan, 45 ans, ancien directeur de l'antenne allemande de l'organisation de bienfaisance Deniz Feneri (Le Phare, en turc), titulaire de la double nationalité allemande et turque, était accusé d'avoir détourné avec deux complices, entre 2002 et 2007 14,5 millions d'euros reçus de la communauté et de filiales d'entreprises turques en Allemagne. Il a été condamné à cinq ans et dix mois de prison et les deux autres prévenus, le Turc Mehmet Taskan, 44 ans, et l'Allemand Firdevsi Ermis, 40 ans, poursuivis pour escroquerie ou complicité, à respectivement deux ans et neuf mois et à un an et dix mois de prison. Les trois hommes, qui avaient reconnu les faits, étaient considérés comme proches du parti au pouvoir à Ankara, le Parti de la Justice et du Développement (AKP), issu de la mouvance islamiste. Le tribunal n'a cependant pas établi de lien entre ces faits et le soupçon, abondamment évoqué par une partie de la presse et de l'opposition turques, selon lequel l'AKP aurait été le bénéficiaire au moins indirect de l'escroquerie. Selon la presse turque, la comptabilité de l'association révèlerait des trous d'environ 17 millions d'euros. Une grande partie des sommes détournées aurait bénéficié à des hommes d'affaires turcs proches de l'AKP ainsi qu'à la chaine de télévision "Canal 7" qui soutient le gouvernement du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier a nié à plusieurs reprises toute implication dans le scandale et dénoncé une campagne de désinformation menée notamment selon lui par le premier groupe de presse de Turquie, le groupe Dogan, qui contrôle plusieurs journaux, magazines et chaînes de télévision. L'AKP, qui a déjà été menacé de dissolution cet été pour non respect de la constitution, pourrait faire face à de nouveaux risques de disparition s'il est prouvé qu'il a bénéficié de financements venus de l'étranger, ce qui est strictement interdit.
16 juin 2008
Quart de Finale !!!!!
La Turquie en liesse après sa qualification pour les quarts
ISTANBUL, 15 juin 2008 (AFP) - La victoire in extremis de l'équipe turque dimanche soir face à la République tchèque (3-2) et sa qualification pour les quarts de finale de l'Euro-2008 de football ont donné lieu à des scènes de liesse dans toute la Turquie.
A Istanbul, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur la place de Taksim, sur la rive européenne du Bosphore, pour célébrer la victoire aux sons du davul et de la zurna, le tambour et la clarinette qui animent les fêtes traditionnelles turques, a constaté un photographe de l'AFP.
De nombreux coups de feu tirés en l'air et des concerts de klaxon ont ponctué les célébrations dans la métropole.
L'usage d'armes à feu lors des fêtes en Turquie, et notamment après les matches de football, est à l'origine de nombreuses blessures et de quelques décès.
A Ankara également, des milliers de supporteurs agitant des drapeaux turcs et scandant "la Turquie est la plus grande" ont investi la principale place de la ville, l'esplanade de Kizilay, selon les images diffusées par la chaîne de télévision TRT.
Dans la station balnéaire de Marmaris (sud-ouest), les touristes néerlandais et britanniques se sont joints à la fête, scandant dans leur meilleur turc "Türkiye! Türkiye!", a rapporté l'agence de presse Anatolie.
Le président turc Abdullah Gül a dans un communiqué félicité "de tout coeur" la sélection nationale, qualifiant son succès de "grand cadeau offert à la nation", selon Anatolie.
Le Premier ministre a pour sa part adressé ses félicitations par téléphone à l'entraîneur Fatih Terim et à l'attaquant Nihat Kahveci, héros de la soirée avec deux buts marqués à la 87e et la 89e minutes, indique l'agence.
29 mai 2008
Referendum
France: vers un référendum obligatoire pour l'entrée de la Turquie dans l'UE
PARIS, 29 mai 2008 (AFP) - Les députés français ont introduit jeudi une disposition rendant obligatoire un référendum pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne dans le projet de réformes des institutions en cours d'examen.
Les députés ont ajouté jeudi une texte qui rend le référendum obligatoire pour l'entrée dans l'UE de pays représentant plus de 5% de sa population, ce qui concerne tout particulièrement la Turquie.
Cette disposition a été entérinée par 48 voix contre 21.
Le référendum obligatoire avait été décidé par l'ancien président Jacques Chirac, qui avait fait mofifier la Constitution en ce sens, peu avant le référendum sur la Constitution européenne en mai 2005.
Son successeur Nicolas Sarkozy s'était à plusieurs reprises engagé à organiser un référendum si la question de l'entrée de la Turquie se posait pendant sa présidence.
Ses promesses n'avaient toutefois pas calmé les craintes des adversaires de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, une quarantaine de députés UMP, qui ont menacé de voter contre l'ensemble de la réforme des institutions si l'organisation d'un référendum, pour le cas d'Ankara, n'était pas inscrite noir sur blanc dans la Constitution.
Le seuil de 5% de la population de l'UE a été proposé par le président UMP de la commision des Lois, Jean-Luc Warsmann. 43 députés UMP avaient déposé un amendement similaire.
15 avril 2008
Vannes en Ligue 2 ???
National : Classement
| Equipe | PTS | J | G | N | P | BP | BC | DIF | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1. | Vannes | 64 | 33 | 19 | 7 | 7 | 43 | 26 | +17 | |
| 2. | Tours | 59 | 33 | 17 | 8 | 8 | 48 | 26 | +22 | |
| 3. | Laval | 54 | 33 | 13 | 15 | 5 | 46 | 23 | +23 | |
| 4. | Nîmes | 53 | 33 | 14 | 11 | 8 | 41 | 34 | +7 | |
| 5. | Sète | 51 | 33 | 13 | 12 | 8 | 34 | 24 | +10 | |
| 6. | Cherbourg | 51 | 33 | 14 | 9 | 10 | 37 | 32 | +5 | |
| 7. | Paris FC | 50 | 33 | 12 | 14 | 7 | 48 | 41 | +7 | |
| 8. | Istres | 48 | 33 | 13 | 9 | 11 | 36 | 33 | +3 | |
| 9. | Entente SSG | 44 | 33 | 13 | 5 | 15 | 38 | 44 | -6 | |
| 10. | Beauvais | 43 | 33 | 11 | 10 | 12 | 39 | 40 | -1 | |
| 11. | Arles | 42 | 33 | 9 | 15 | 9 | 27 | 31 | -4 | |
| 12. | Rodez | 42 | 33 | 12 | 6 | 15 | 34 | 39 | -5 | |
| 13. | Cannes | 41 | 33 | 9 | 14 | 10 | 35 | 40 | -5 | |
| 14. | Créteil | 38 | 33 | 8 | 14 | 11 | 34 | 33 | +1 | |
| 15. | Calais | 37 | 33 | 8 | 13 | 12 | 35 | 38 | -3 | |
| 16. | Louhans-Cuiseaux | 35 | 33 | 9 | 8 | 16 | 36 | 54 | -18 | |
| 17. | Villemomble | 34 | 33 | 7 | 13 | 13 | 23 | 33 | -10 | |
| 18. | Romorantin | 34 | 33 | 8 | 10 | 15 | 30 | 41 | -11 | |
| 19. | Martigues | 33 | 33 | 7 | 12 | 14 | 31 | 42 | -11 | |
| 20. | 32 | 33 | 9 | 5 | 19 | 31 | 52 | -2 |
Je sais bien pas grand chose à voir avec la Turquie, mais je ne peux pas laisser le VOC flirter avec la ligue 2 sans vous en faire part... l'accession sera assurée dès la semaine prochaine si 12 points séparent vannes du 4ème.
Allez le VOC!!! Allez Raph!!!! Allez les infirmières du VOC!!! Et vive les buvettes!!!
05 avril 2008
Europe ouvre toi........ ou pas!!!!
Procès/AKP: risque de refroidissement de relations UE-Turquie déjà fraîches
BRUXELLES, 31 mars 2008 (AFP) - Les relations déjà difficiles d'Ankara avec l'Union européenne risquent de se détériorer encore après le lancement lundi du procès visant à interdire le parti AKP au pouvoir en Turquie, qui donne de nouvelles armes aux pays opposés à l'adhésion turque au bloc européen.
La décision de la Cour constitutionnelle turque de juger recevable le recours déposé par le procureur en chef de la Cour de cassation pour interdire l'AKP "porte un grand coup aux relations entre l'UE et la Turquie", a estimé Amanda Akçakoca, analyste à l'European Policy Centre à Bruxelles.
La Commission européenne a simplement "pris note" lundi de cette décision de la justice turque, mais le commissaire à l'Elargissement Olli Rehn avait mis en garde dès samedi les juges de la Cour constitutionnelle en leur demandant de prendre "en compte l'intérêt à long terme de la Turquie".
Il avait laissé planer la menace d'une perturbation des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, commencées en octobre 2005.
Le cadre de ces négociations stipule qu'en cas de "violation grave des principes démocratiques" par la Turquie, "la Commission est obligée de regarder quelles ramifications cela pourrait avoir sur les négociations", avait-il déclaré.
Ce mandat de négociations précise même qu'en cas "de violation grave et persistante" des libertés et de la démocratie, les 27 peuvent suspendre ces pourparlers. Par une simple majorité qualifiée, et non à l'unanimité comme c'est le cas habituellement en matière d'élargissement.
Si la Commission n'a pas encore indiqué si elle considérait comme une "violation grave et persistante" ce procès contre l'AKP, accusé de menacer les fondements laïques de la république turque, Olli Rehn a en revanche estimé que "dans une démocratie normale, ce genre de problèmes se règle dans les urnes et pas devant les tribunaux".
"Ce n'est pas encore au niveau d'un coup d'Etat militaire, mais on n'en est pas loin", a jugé de son côté lundi la spécialiste de la Turquie Kirsty Hughes.
Malgré tout, les analystes ne pensent pas que l'UE décidera à ce stade un gel formel des négociations d'adhésion turque.
"Cela n'aiderait pas le gouvernement turc, soutenu par les Européens, si l'UE suspendait les négociations. L'UE ne prendra pas une telle décision à moins que l'AKP ne soit effectivement interdit", à l'issue d'une procédure qui devrait prendre plusieurs mois, a prédit Kirsty Hughes.
De toutes façons, ces négociations sont déjà au point mort.
Seuls six des 35 chapitres thématiques qui jalonnent les négociations ont en effet été ouverts en plus de deux ans, huit autres sont gelés depuis décembre 2006 en raison de la question chypriote, et "personne ne s'attendait à l'ouverture de chapitres dans un avenir immédiat", a noté Amanda Akçakoca.
En revanche, cette procédure ne manquera pas de conforter les Etats membres comme la France, l'Autriche ou Chypre, qui s'opposent régulièrement à l'entrée de ce grand pays musulman dans le bloc européen, face aux partisans d'Ankara que sont le Royaume-Uni ou la Suède.
Ces pays "sourient sans doute aujourd'hui. Cela va aider leur cause, parce que cela montre que la Turquie est loin d'être prête à devenir membre de l'UE", a souligné Amanda Akçakoca.
"Au niveau des gouvernements de l'UE hostiles", "je crois qu'il n'y aura pas de surenchère", a tempéré Didier Billion, de l'Institut des relations internationales et stratégiques à Paris.
"Par contre, au sein des opinions publiques des dits pays, un certain nombre de responsables politiques vont agiter cela comme une preuve que définitivement la Turquie n'est pas un pays démocratique", a-t-il ajouté.
Une attitude paradoxale: les pays plus hostiles à l'adhésion turque dénoncent en effet souvent l'islamisation du pays, opinion partagée par le procureur turc qui accuse l'AKP de vouloir islamiser la Turquie
31 mars 2008
Grave crise politique
Turquie: la Cour constitutionnelle juge recevable le recours contre l'AKP
La Cour constitutionnelle turque a jugé recevable lundi une demande d'interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, accusé d'activités antilaïques, a déclaré le vice-président de la Cour Osman Paksüt.
M. Paksüt, qui s'exprimait devant de nombreux journalistes au terme d'une réunion des magistrats, a annoncé qu'ils avaient jugé recevable sur la forme le recours du procureur de la cour de cassation qui demande l'interdiction de l'AKP, formation issue de la mouvance islamiste.
La décision a été prise à l'unanimité des 11 juges.
Une majorité des juges a décidé d'inclure dans le procès le chef de l'Etat Abdullah Gül, un ancien cadre de l'AKP, a déclaré M. Paksüt, sans donner d'autres détails.
Cette décision lance formellement le procès à l'encontre de ce parti au pouvoir depuis 2002.
Le procureur Abdurrahman Yalçinkaya avait déposé le 14 mars son recours auprès de la Cour constitutionnelle.
Le long réquisitoire de 162 pages demande que l'AKP soit dissout et que 71 de ses cadres, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, soient interdits de politique pendant cinq ans.
La cour va se pencher maintenant sur le fond du dossier. L'AKP dispose d'un délai d'un mois, extensible, pour déposer sa première défense.
M. Yalçinkaya accuse l'AKP d'être devenu un "foyer d'activités allant à l'encontre de la laïcité". Son initiative a alimenté les tensions entre les défenseurs de la laïcité et les partisans du gouvernement, favorables à davantage de libertés religieuses.
L'AKP, issu de la mouvance islamiste et a largement remporté les dernières élections législatives de juillet 2007, affirme avoir rompu avec l'islam politique et se définit comme un parti "démocrate conservateur".
Les milieux pro-laïcs, très influents au sein de l'armée, de la magistrature et de certaines administrations, l'accusent néanmoins de vouloir islamiser la Turquie, qui a une population à 99% musulmane, mais un régime strictement laïc.
18 mars 2008
De l'indépendance de la justice....
Turquie: le parti au pouvoir sous de graves accusations rejetées par Erdogan ANKARA, 16 mars 2008 (AFP) - Le parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie est confronté à de graves accusations d'un procureur qui demande sa dissolution pour activités anti-laïques mais son chef, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, a de nouveau dénoncé dimanche le recours à son égard. Le procureur de la cour de cassation Abdurrahman Yalçinkaya a déposé vendredi devant la Cour constitutionnelle un texte de 162 pages demandant l'interdiction Parti de la justice et du développement (AKP). Il accuse cette formation issue de la mouvance islamiste de vouloir transformer, à terme, le pays en un Etat islamique et de détruire le système démocratique, selon des extraits publiés dimanche par la presse. "Le modèle d'Islam modéré préconisé pour la Turquie vise à établir un Etat gouverné par la charia et si nécessaire recourir à cette fin au terrorisme", souligne le procureur. Le texte accuse le parti gouvernemental d'être devenu "le foyer d'activités allant à l'encontre de la laïcité", donnant pour exemple pas moins de 61 discours prononcés par M. Erdogan. "Il n'est naturellement pas possible d'attendre jusqu'à ce que le parti établisse le modèle d'Etat qu'il préconise", indique le procureur pour soutenir son recours devant la Cour constitutionnelle, habilitée à fermer les partis politiques. "En Turquie, il est évident que les mouvements d'islam politique et le parti en question (AKP) aspirent à terme à un système fondé sur la charia plutôt qu'un Etat de droit", selon le procureur. Il estime que l'AKP se servira jusqu'au bout du "takiyye", consistant à dissimuler ses convictions, jusqu'à ce que les objectifs d'un Etat inspiré du modèle islamique soient atteints. Le procureur cite aussi la récente libéralisation du voile islamique à l'Université, dont l'application est toujours suspendue à une décision de justice, ou l'invocation des oulémas plutôt que des juges pour trancher des questions de société. Le procureur réclame que 71 membres de l'AKP, dont 39 députés et 11 maires, soient interdits de faire de la politique pendant cinq ans. Parmi ceux-ci figurent M. Erdogan et le président Abdullah Gül, ancien cadre de l'AKP. Le Premier ministre, en tournée dans des provinces du sud-est anatolien peuplé majoritairement de Kurdes, s'en est vivement pris au procureur Yalçinkaya, l'accusant d'"ignorer la volonté du peuple" qui s'est prononcé massivement aux dernières élections législatives en faveur de l'AKP. "Personne n'a le droit de donner l'image que la Turquie est un pays de troisième classe", a-t-il dit, fustigeant un recours "anti-démocratique". "Personne ne pourra endosser la responsabilité qu'aura une telle procédure" sur l'avenir du pays, au moment où celui-ci aspire à intégrer l'Union européenne, a estimé M. Erdogan. Son ministre des Affaires étrangères, Ali Babacan, s'est dit "très surpris" par le recours mais a opté pour un ton plus modéré, affirmant toutefois que la fermeture d'un parti politique "n'a plus de place dans la justice moderne". "Dissoudre un parti est une punition collective" pour les électeurs, a estimé M. Babacan sur la télévision privée Kanal 7, souhaitant que la procédure n'ait pas d'impact sur la stabilité politique et économique de la Turquie. L'AKP, arrivé pour la première fois au pouvoir en 2002, a remporté haut la main les élections de juillet 2007 mais n'a pas su dissiper les inquiétudes d'une dérive islamiste des franges laïques de la population, dans ce pays très majoritairement musulman mais au régime laïque. Si la Cour constitutionnelle accepte lundi le dossier du procureur, elle demandera à l'AKP de préparer sa défense dans un délai d'un mois, extensible, et il faudra sans doute des mois avant que l'AKP soit entendu.











